C’est, enfant, à l’âge de 7 ans, que l’appel de Dieu se fait sentir à Eustache-Fortuné sans fortune sourit-il. Il entre alors en « petit séminaire » puis à 9 ans jusqu’à 19 ans en internat. « J’ai senti l’appel pour le sacerdoce en CE1 et cela ne m’a jamais quitté » confesse le Béninois originaire de Cotonou, une ville portuaire du Benin.

Il entrera en grand séminaire comme appelé dans son pays (ici on dit séminaire) après le BAC où il s’oriente vers une formation de 2 ans en philosophie et de 4 ans en théologie. Issu d’une famille de 11 frères et sœurs, il est ordonné en 1989 à peine 6 ans après son BAC. Puis il est nommé prêtre opérateur pendant un an sur une paroisse qui avait comme curé un évêque co-adjuteur. Il sera ensuite envoyé pour enseigner la philosophie jusqu’en 1993. Il renforcera ses études à Lyon de 1993 à 1996 avec une maîtrise de philosophie et de retour au Bénin y poursuivra son enseignement philosophique jusqu’en 2000 dans un établissement catholique à Cotonou.

Il prendra le ministère nord du pays de 2000 à 2006 comme curé de la paroisse pour revenir à l’enseignement en 2008 à l’institut « Jean-Paul II pour le mariage et la famille » où il deviendra directeur des études autrement qualifié préfet des études. En 2011, n’ayant de cesse de s’instruire il passera un doctorat en philosophie et intègrera l’institut catholique de Toulouse avec une insertion pastorale dans le diocèse de Bayonne.  Dans un premier temps à Pau à la paroisse Sainte Famille puis comme prêtre coopérateur (vicaire autrefois) à Oloron et Gurmençon pour venir finalement en juin dernier à la paroisse Saint Jean du Lanot à Bizanos et succéder à Dominique Maye-Lasserre.

Un long parcours pour ce prêtre de 57 ans qui a quitté son pays natal du Benin pour apporter la parole sainte au cœur du Béarn, non sans avoir approfondi un cursus universitaire prestigieux. Un cheminement qui l’amène à dire «quelle que soit la sensibilité philosophique cela m’a permis de mieux cerner les concepts bibliques et d’approfondir ma foi».

Pour l’heure il ne souhaite pas opérer de changement à ce qui a été mis en place, les écrans resteront à l’intérieur de l’église et la crèche vivante de noël aura toujours bien lieu. Il est aujourd’hui dans l’analyse de sa nouvelle paroisse «je me donne le temps d’observer et de voir ce qu’on peut construire avec les paroissiens, voir ensemble ce qu’il faut améliorer, s’il y a besoin de changements ou pas. Je ne remplace pas Dominique, je lui succède». Une ouverture voulue afin d’amorcer un travail collégial de faire avec : «que je ne sois pas seul à faire et que les paroissiens ne soient pas seuls non plus».

Une ligne de conduite qui présage de belles heures à venir.